11/01/12

Persécution contre les Kurdes ne cesse pas

Malgré les discours et messages des autorités turques en faveur d’une « ouverture démocratique », la politique de persécution contre les Kurdes ne cesse pas. Le 28 décembre dernier 35 villageois kurdes ont été tués par les raids aériens de l’armée turque, sur la frontière entre le Kurdistan de Turquie et la région autonome du Kurdistan irakienne. Selon des témoins, quatre avions de chasse du type F-16 ont bombardé  ces villageois, parmi lesquels figurent des enfants et des jeunes, âgés 12 à 18 ans.
Il faut souligner que ce raid est intervenu quelques heures après la réunion du Conseil de Sécurité Nationale, tenue le même jour à Ankara. Dans de ce genre de réunion on discute la politique concernant les mesures à prendre contre la lutte de la liberté pour les Kurdes.
Ce massacre peut être une nouvelle ère dans la conduite de la politique turque en ce qui concerne les Kurdes. Ainsi, cela peut être un départ du commencement d’un nouvel épisode des opérations meurtrières déclenchées par le gouvernement et son armée. Sous ce nouveau régime des milliers de politiques et intellectuels kurdes, parmi lesquels se trouvent aussi des journalistes, passent leur temps derrière les barreaux des prisons, simplement pour avoir revendiqué les droits et les libertés du peuple kurde.
Aujourd’hui la plupart des médias écrits et audio-visuels turcs est sous le contrôle du régime. C’est pourquoi, les médias turcs ont essayé d’éviter de parler de ce massacre, pendant toute la journée du 28 décembre. Avec cette force médiatique, le gouvernement d’AKP compte de briser toute sorte de lutte pour la reconnaissance des droits du peuple kurde. La politique du régime fait ignorer toutes sortes de violations des droits de l'homme, pas seulement au Kurdistan, mais aussi par tout en Turquie.
Malheureusement, malgré cette situation bien claire, le gouvernement d’AKP continue à donner des leçons de démocratie aux pays arabes, en leur demandant d’engager des réformes démocratiques et  mettre fin à la répression menée contre leur population. Vu la situation en Turquie et au Kurdistan, est-ce que ceci n’est pas une hypocrisie étatique ?
Contre cette répression de l’état turc, les dirigeants des pays occidentaux insistent toujours à garder leur silence. Est-ce qu’il n’est pas urgent et important de réagir vite, aux niveaux internationaux, afin de mettre fin à cette situation dans laquelle se trouvent les Kurdes ?
Il est le temps pour les dirigeants européens de ne rester plus comme complices d'Ankara, il faut qu’ils prennent de positions fermes dans toutes les instances contre les violations des droits de l'homme commis en Turquie et au Kurdistan. Avec cette réalité, comment est ce que la Turquie peut être traitée comme un pays candidat à l'Union européenne ? Comment l’UE peut continuer à négocier le sujet d’adhésion de la Turquie ? Cette position de l’UE encourage les dirigeants turcs de pousser le pays dans le chaos. Est-ce que l’intervenir sur le débat démocratique en Turquie n’est pas une obligation de l’UE, à partir du moment où cette dernière a mis à son agenda le sujet de l’adhésion de la Turquie dans l’Union ?
Selon les chiffres des organisations de défense des droits de l’homme, depuis 2009, plus de 7700 personnes ont été mises en garde à vue au prétendu motif qu’elles auraient été membres du KCK (Union des Communautés du Kurdistan).
Il est bien claire que la Turquie a déclaré une « guerre totale » au peuple kurde et ceci dans un silence international. Les arrestations des dirigeants kurdes se multiplient chaque jour. Aujourd’hui il y a des milliers de membres du BDP qui passent leur temps derrière les barreaux. Le but de cette répression de l’état turc est bien net ; briser la lutte du peuple kurde et empêcher la reconnaissance des droits politiques, sociaux et culturels de ce peuple. Donc, il est très urgent désormais de dénoncer ce caractère arbitraire et autoritaire de la manière dont le gouvernement turc gère la question kurde.
Je viens de savoir que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) vient de demander des explications à Ankara concernant les dernières arrestations des journalistes. C’est une bonne nouvelle venant d’une instance internationale. Dans ces arrestations dénoncées par l’OSCE plus de 50 journalistes ont été arrêtés, surtout dans le dossier visant les milieux kurdes. Selon l’Association turque des Droits de l’Homme, en tous 71 journalistes sont actuellement détenus en Turquie.
Ahmet DERE  /  11.01.2012

08/11/11

Arrêter la guerre est une mission de l’humanité

Le 19 Octobre dernier une attaque de la guérilla kurde a été effectuée contre les bases de l’armée turque dans la région de Cukurca.  Dans cette attaque plus de 30 soldats ont perdu la vie et une dizaine d’autres ont été blessés.

Suite à cette attaque,l'armée turque a annoncé avoir lancé une opération d'envergure au Kurdistan irakien. Des opérations similaires ont été effectuées dans les régions frontalières avec l’Irak. Depuis lors, les forces aériennes turques ont bombardé lourdement plusieurs zones du Kurdistan irakien, et ont mené des opérations terrestres. La bataille a continué dans certaines zones et il y a eu aussi des bombardements par avions de combat et hélicoptères. les sources sécuritaires turques à Diyarbakir,  avaient précisé auparavant que les chasseurs turcs continuaient de pilonner les camps du PKK situés dans les montagnes du Kurdistan  irakien.

Le 27 novembre, les autorités turques ont annoncé que l’opération militaire a pris fin et dans cette opération, qui a été menée surtout dans la vallée de Kazan; plusieurs militants kurdes ont été tués. Selon ces mêmes autorités, cette opération a été faite en réaction à l'attaque de la guérilla contre Cukurca.

Selon les informations publiées par des associations de défense des Droits de l’Homme au Kurdistan et le BDP, dans ces opérations l’armée turque a utilisé les gaz chimiques contre la guérilla. Ces informations ont été confirmées par les familles des militants tués.

Il faut aussi noter que, après l’attaque de la guérilla, dans plusieurs villes de la Turquie, des manifestations ont été organisées et soutenues par les institutions étatiques. Le seul but de ces manifestations est de terroriser la population kurde vivant dans les régions à l’Ouest du pays (en Turquie).

En réaction à ces  opérations de l’armée turque, les responsables du PKK déclarent que, si les opérations  continuent, la Turquie s'expose à être frappée plus fort.

Selon les chiffres officiels de l’état turc, cette guerre entre la guérilla kurde et les force de sécurité a fait plus de 40.000 morts depuis le début 1984, c'est-à-dire depuis le commencement de la lutte armée du PKK.

Je précise que, depuis le 16 Août 2011,  l'aviation turque bombarde régulièrement les montagnes du Kurdistan irakien. Des milliers de soldats sont mobilisés dans ces montagnes pour combattre la guérilla. Cela veut dire que la guerre va entrer dans une phase plus forte et que des dizaines d’hommes risquent de perdre leur vie.

Par cet article, je veux appeler les organismes internationaux et  la communauté internationale à se charger de la mission d’imposer la paix, de manière à arrêter la guerre avant que de nouvelles vies soient perdues. Ceci exige bien sûr une prise en compte  sérieuse, concrète et pratique de la situation par ces organismes internationaux.

A ce stade, il est très urgent que les instances de l’Union Européenne se chargent aussi et au plus vite de cette mission.

Il faut tout faire pour arrêter la guerre et maintenir la paix en Turquie et au Kurdistan. La mission de faire arrêter cette guerre est devenue un devoir de l’humanité. Donc, il faut réagir, reconstruire, désarmer et assurer le respect des Droits de l’Homme, certes comme partout, mais actuellement plus précisément en Turquie et au Kurdistan.

Ahmet Dere  /  02.11.2011
Journaliste / Ecrivain kurde

11/09/11

La Turquie refuse un règlement pacifique et démocratique

Les autorités politiques et militaires turques ont pris une position en faveur d'une guerre contre les Kurdes. Avec cette prise de position la Turquie s'éloigne plus en plus d'un règlement pacifique de la question kurde et elle risque d'entrer dans un nouveau cycle de violences.

Dans un communiqué publié au terme de la réunion du MGK (Conseil national de sécurité), au début du mois d’Août dernier, on préconise une "meilleure coordination" des moyens militaires et policiers engagés pour lutter contre le PKK".

C’est après cette prise de position que, le 16 Août dernier, l’armé turque a déclenché ces frappes contre les bases de la guérilla kurde au Kurdistan Irakien. Il s'agit des premiers raids menés par la Turquie dans cette région depuis l’année dernière. Il parait que l’armée turque se prépare pour une opération terrestre contre les militants du PKK basés aux frontières « officielles » de la Turquie, d’Irak et d’Iran.

Selon les autorités turques, ceux sont les attaques du PKK qui ont poussé le pouvoir de prendre une position vers une ère où le langage de la guerre et de la violence l'emportera. Ainsi, celles-ci avertissent des conséquences d'une recrudescence de la violence.

Il parait que ce processus laissera dans le désespoir les peuples de la Turquie qui vivent dans ce pays, alors même qu'à chaque occasion ils montrent avec leurs votes en faveur d’une solution politique à leurs questions et ils ne veulent pas de guerre.

Le gouvernement conservateur d’AKP avait adopté une politique plus conciliante sur la question kurde, en entamant des contacts avec Abdullah Öcalan, dans la prison d’Imrali. Mais, malheureusement ses contacts n’ont pas été continués afin de pouvoir trouver une solution pacifique et mettre fin à la lutte armée. Avec les attaques aériens de l’armée turque contre la guérilla du PKK, les autorités du ministère de la justice empêchent les visites des avocats d’Abdullah Öcalan, donc depuis 7 semaines personne ne sait il est dans quelle situation.

Je veux rappeler que, surtout après les années de 2000, les revendications des Kurdes se sont changées vers l'autonomie au sein d'un système fédéral. Ces revendications ont été et elles sont toujours défendues par le PKK et ainsi par le BDP (Parti de la paix et de la démocratie). Lors des élections du 12 juin dernier le bloc soutenu par le BDP, a réalisé un score historique, remportant 36 députés contre 20 au Parlement sortant (5 de ces députés sont toujours en prison).

Actuellement une nouvelle atmosphère de guerre règne sur toute la Turquie, un cadre politique dans lequel ceux qui veulent la paix où ne pensent pas comme le gouvernement sont ciblés émerge clairement.

Le Premier ministre turc Recep Tayip Erdogan utilise sa victoire électorale pour défaire ses adversaires, surtout en ce qui concerne la question kurde. Les espoirs d’une solution se sont sérieusement amenuisés. Dans une telle situation, comment est ce qu’on peut demander aux Kurdes de ne pas perdre leur confiance en gouvernement d’AKP ? Si la situation continue tel quelle c’est impossible.

Dans l’histoire de la Turquie l’armée a toujours eu de lourds poids sur la vie politique et sociale. Mais, depuis quelques années cette armée est devenue la cible de critiques et d'accusations, dont celle de complots visant à renverser le gouvernement d’AKP. Suite à ces accusations, actuellement des dizaines de généraux sont arrêtés. Avec les arrestations au sein de l’armé un changement a été faite en faveur du pouvoir politique. Dans la direction actuelle de l’armé c’est l’AKP qui a le plus de poids. Donc, AKP a pris la force venant de  l’armé et l’utilise pour ses propres intérêts politiques. Hélas, ceci éloigne le pays d’une situation de paix et de prospérité.

La position politique et militaire de la Turquie trace une ligne épaisse entre les institutions étatiques et les Kurdes. Si cette approche politique et militaire turque ne s’arrête pas, malheureusement une volonté de se séparer de la Turquie peut avoir une importance chez des Kurdes.

Ahmet DERE
11.09.2011

Etre journaliste ou écrivain au Kurdistan

Selon le Reporters Sans Frontières, la Turquie est à la 138e place sur 178 pays du classement mondial concernant la liberté de la presse. Selon l’Association des Droits de l’Homme de Turquie, au moins 45 journalistes et écrivains sont toujours en prison, aucune amélioration n’a été constatée malgré les reformes dans le cadre de la liberté d’expression et de la presse.
« Aucun media n’a été réduit au silence depuis 8 ans du pouvoir AKP » avait déclaré le 18 février dernier Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre, lors d’une réunion de son parti, malgré les démentis des organisations de défense des droits de l’homme et de la presse.

Après cette déclaration du premier ministre turc, un rapport de la branche d’Istanbul de l’Association des Droits de l’Homme a publié un rapport dans lequel on dément le premier ministre : Cinq journaux ont été suspendus pendant 120 jours, un revue a été saisi trois fois, 13 sites d’information et de partage de vidéos ont été bloqués à Istanbul au cours de l’année 2010.

Selon un autre rapport de cette association, au cours des neuf premiers mois de 2010, 197 journalistes ont été jugées dans le cadre de la liberté d'expression. Ainsi, au moins 12 journaux ont été suspendus, pour la plupart kurdes, et des milliers de sites d'internet ont été interdits pendant les mêmes périodes.

Le 24 février derniers deux journalistes kurdes,  le correspondant de l’agence Dicle, Vedat Yildiz et celui du journal Guney Dogu Ekspres, Lokman Dayan ont été condamnés chacun à 7 ans et 11 mois de prison par la 4e cour d’assise de Diyarbakir pour « appartenance à une organisation terroriste » et « violation de la loi sur les rassemblements et les manifestations ».

Le correspondant de l’agence Dicle avait été violemment tabassé par des policiers lors d’une manifestation organisée le 21 octobre 2008, en faveur du leader kurde Abdullah Ocalan. Ces deux journalistes avaient été arrêtés par la police alors qu’ils couvraient la manifestation.

Le 15 avril 2011 le corespondant de l’agence d’DİHA de Diyarbakir Kadri Kaya et le corespondant de Batman Erdoğan Altan ont été arrêtés. Depuis cette date là ces deux journalistes kurdes sont détenus dans prison de Batman. Jusq’à maintenant le procè n’a pas commencé et ni eux ni leurs avocats ne savent ils sont détenus pour les quelles raisons.

Le journal Azadyia Welat est dans la ligne de mire des autorités depuis qu'il sort de manière quotidienne en 2006. Il a déjà été suspendu huit fois par la justice turque et au moins neuf journalistes du quotidien sont actuellement en prison, dont deux anciens rédacteurs en chef.

L'Institut international de presse (IPI) a fait part de son inquiétude sur le sort d'un journaliste kurde, M. Vedat Kursun, qui était menacé de 525 ans de prison lors d'un procès en Turquie. Mais le 13 mai 2010, Vedat Kursun a été condamné à une peine de 166 ans de prison.

La justice turque avait condamné le 30 décembre 2010 à 138 ans de prison Emine Demir, ancienne rédactrice en chef d'Azadiya Welat, pour « appartenance à une organisation terroriste » et «propagande en faveur de cette organisation » à travers des ses articles publiés.

Selon un rapport du Plateforme "Liberté pour les journalistes" (GÖP), 68 journalistes, dont 10 femmes, sont derrières les barreaux en Turquie. La plupart des journalistes en prison sont des kurdes.

Le 9 février 2011, Ozan Kilinç, propriétaire et rédacteur en chef du seul quotidien en langue kurde, Azadiya Welat, a été condamné par contumace à 21 ans et 3 mois de prison, et privé de ses droits civiques. Dès la troisième audience du procès, la 5e chambre de la cour d’assises de Diyarbakir l’a reconnu coupable de "propagande en faveur du PKK" et de "crime commis au nom de l’organisation", sans même qu’il en soit membre.

Ozan Kilinç devient ainsi la dernière victime de la Loi antiterroriste N°3713 (LAT), formidable outil répressif entre les mains des franges conservatrices de l’Etat turc. Selon le site d’information spécialisé sur les questions de droits de l’homme Bianet.org, 47 personnes, dont 22 journalistes, ont été jugées en vertu de cette loi en 2009. Les condamnations prononcées totalisent 58 ans de prison et 9 740 livres turques (environ 4 640 euros) d’amendes. Le rédacteur en chef d’Azadiya Welat était aussi inculpé en vertu de l’article 220 du nouveau code pénal ("propagande d’une organisation à visée criminelle").

En Iran la situation n’est pas différente

Depuis le 4 juillet 2007, le journaliste et défenseur des droits humains kurde Mohammad Sadiq Kabudvand est détenu dans un lieu inconnu, qui pourrait être la section 209 de la prison d’Evin. Il a été arrêté le 1er juillet 2007 sur son lieu de travail, à Téhéran, par des membres des forces de sécurité en civil. Amnesty International a déjà publié ses craints qu’il ne soit torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements et pense qu’il s’agit très probablement d’un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression et d’association.

Un journaliste kurde, Kemal Serifi, est en prison d’Iran depuis 2009. Il est culpabilisé d’être aussi mebre du Parti Demicratique du Kurdistan et est condamné à une pain de prison pour 30 ans.

Adnan Hassanpour, écrivain et journaliste kurde a été emprisonné et condamné à mort le 11. 07. 2007.

La situation en Irak et au Kurdistan Irakien

Les agressions et les arrestations arbitraires pleuvent contre les journalistes, rendant le travail de la presse impossible au Kurdistan irakien.

Au mois de Novembre 2008 Dr. Adel Hussein, journaliste et médecin, a été condamné à six mois de prison pour avoir écrit un article sur l'homosexualité. Il a commencé à purger sa peine dans la prison centrale d'Erbil. L'Union des journalistes kurdes a condamné cette décision de justice et a demandé aux autorités kurdes d'Irak d'intervenir.

Le 18 avril 2011, 12 journalistes couvrant le rassemblement organisé à Erbil ont été agressés par les forces de l’ordre et certains d’entre eux ont été arrêtés.

Ahmed Mira, rédacteur en chef et propriétaire de Lvin Magazine, connu pour ses positions militantes en faveur de la liberté de la presse, a été attaqué à Kalar, le 14 avril 2011, par des membres de Asayesh, les forces de sécurité de l’UPK, alors qu’il participait à la commémoration du 23ème anniversaire de l’Anfal, où des populations kurdes avaient été massacrés par le régime de Saddam Hussein en 1988.

La Situation en Syrie n’est pas aussi différente que les autres parties du Kurdistan

La chaîne Al-Arabiya a annoncé l’arrestation, le 7 avril 2011, d’un journaliste norvégien, d’origine kurde de Syrie, Mohamed Zaid Mistou, correspondant pour le site d’informations Al-Arabiya.net Le journaliste d’origine kurde était en Syrie quelques jours avant le début des manifestations dans le pays. Il a alors couvert le mouvement de protestation, publiant de nombreux articles sur le site de la chaîne Al-Arabiya.net.

Le 8 mai 2006, la cour de justice de Dêrik, Kurdistan de Syrie, a condamné l'écrivain kurde Ednan Besîr à un mois de prison. L'écrivain avait participé à une conférence à Dohuk (Kurdistan irakien) et s'est vu retirer son passeport syrien pour la peine.

Le nombre des journalistes et écrivains kurdes qui sont en prions de Syrie n’est pas déterminé.

Une partie de la liste des journalistes et ecrivains kurdes en prison de Turquie

1-Abdulcabbar Karadağ ( Azadiya Welat, prison de Mersin Tipe E)
2-Ahmet Akyol (DİHA, Prison d’Adana Kürkçüler Tipe F)
3-Ahmet Birsin (Gün TV, prison de Diyarbakır tipe D)
4-Ali Buluş (DİHA, prison de Karaman-Ermenek tipe M)
5-Ali Çat (Azadiya Welat, prison de Mersin tipe E)
6-Ali Konar (Azadiya Welat, prison de Malatya tipe  E)
7-Bayram Parlak (Gündem Gazetesi, prison de Karaman-Ermenek tipe M)
8-Bedri Adanır (Aram Yayınları et le Journal Hawar, prison de Diyarbakır tipe D)
9-Behdin Tunç (DİHA, prison de Diyarbakır tipe D)
10-Cihan Gün (Yürüyüş Dergisi, prison de Sincan Ankara tipe F)
11-Dılşa Ercan (Azadiya Welat, prison d’Adana)
12-Emine Altınkaya (DİHA, prison de Sincan Ankara)
13-Ensar Tunca (Azadiya Welat, prison d’Iğdır)
14-Erdoğan Altan (DİHA, prison de Diyarbakır tipe D)
15-Faysal Tunç (DİHA, prison de Diyarbakır tipe D)
16-Feyyaz Deniz (DİHA, prison de Sincan tipe F)
17-Hamdiye Çiftçi (DİHA, prison de Bitlis tipe E)
18-Kadri Kaya (DİHA, prison de Diyarbakır tipe D)
19-Mahmut Güleycan (Özgür Halk Dergisi, prison de Van tipe F)
20-Mehmet Karaaslan (DİHA, prison de Karaman-Ermenek tipe M)
21-Nuri Yeşil (Azadiya Welat, prison de Malatya tipe E)
22-Ozan Kılınç (Azadiya Welat, prison de Diyarbakır tipe D)
23-Seyithan Akyüz (Azadiya Welat, prison d’Adana Kürkçüler tipe F)
24-Sinan Aygül (DİHA, prison de Van tipe F)
25-Şahin Baydağı (Azadiya Welat, prison de Mardin tipe E)
26-Vedat Kurşun (Azadiya Welat, prison de Diyarbakır tipe D)


Ahmet DERE / Journaliste-écrivain (Membre du PEN International)
11.09.2011

01/07/11

Quelle démocratie en Turquie ?


Le 12 Juin dernier la Turquie a fait ses élections législatives. AKP a eu 50% de voix, donc ce parti est de nouveau au pouvoir jusqu’à 2015. Cela fait sa troisième victoire consécutive à des législatives. Le principal parti d'opposition, le Parti Républicain du Peuple (CHP), est venu en seconde position, avec 25,9 % des voix et 135 sièges, suivi du Parti de l'Action Nationaliste (MHP) avec 13 % et 53 sièges. La listes du bloque du Travail, de la Liberté et de la Démocratie a eu 6.3 des voix, soit 36 sièges.

Malgré 50% des voix, l’AKP n’a pas pu augmenter ses députés, le nombre de ses sièges a baissé de 337 à 326. Comme AKP a promis, lors de la campagne électorale, de mener à bien son projet de changer la constitution, il ne pourra pas le réaliser avec ce nombre des sièges à l’Assemblé Nationale, alors il est obligé de négocier avec l'opposition. Mais, d’après ce que je voie maintenant, ce parti n’a pas de portes ouvertes pour dialoguer avec les partis à l’opposition. Donc, le tableau que nous voyons actuellement démente les premiers messages de Recep Tayip Erdogan qui disait ; "Nous ne fermerons pas nos portes, nous irons vers l'opposition".

Hatip Dicle est privé de son siège de député

L’Etat Turc, avec ses institutions, cherche toujours à créer des obstacles contre la volonté du peuple kurde. Après les élections, malgré 85 milles d’électeurs qui ont voté pour Hatip Dicle, le Haut Conseil électorale de Turquie (YSK) a refusé les son statut de député. Cette décision de YSK est en même temps contre la volonté démocratique des 85 milles électeurs kurdes de Diyarbakir, ceux qui ont voté personnellement pour Hatip Dicle. Malgré que le droit turc permet aux personnes détenues d’être éligibles et de bénéficier de l’immunité en cas d’élection, les tribunaux, sous influence du gouvernement, ont refusé de libérer les 5 autres députés kurdes et 3 autres (2 de CHP et 1 de MHP). Donc, pour le moment, ces 9 nouveaux députés ne peuvent pas participer aux travaux de l’Assemblé Nationale de Turquie.

Hatip Dicle, qui est âgé de 57 ans, avait fait partie des premiers députés kurdes, revendiquant ouvertement les droits démocratiques du peuple kurde, à enlever un siège au parlement turc, en 1991. Maintenant, il fait partie des 36 députés en qualité d'indépendants, soutenus par le bloque du Travail, de la Liberté et de la Démocratie. Il faut souligner que Hatip Dicle a été arrêté en 1994 après l'interdiction de son parti (DEP) et il a passé 10 ans en prison. Il est retourné en prison en 2010 a cause de ces idées en faveurs d’une solution politique et démocratique pour la question kurde.

Après les élections du 12 Juin, la question kurde est toujours sur la seine politique turque. Si l’Etat turc ne fait pas de progrès vers une solution politique à la question kurde, et notamment à la question des députés emprisonnés, il y a un vrai risque d'une guerre totale.

Malgré 50% de voix, AKP est obligé de chercher un consensus

Avant tout, il faut souligner que, si le gouvernement d’AKP veut la stabilité du pays, il devrait se rendre compte et ne jamais oublier qu'il y a aussi 50 % en dehors des électeurs qui ont voté pour lui. En dépit de sa large victoire, ce parti n’a pas pu avoir la majorité des deux tiers (367) des députés afin de pouvoir réviser la Constitution par voie parlementaire. Avec 326 sièges à l’Assemblé Nationale, AKP ne profite donc pas de sa progression en voix.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan avait demandé aux électeurs de lui faire gagner 367 députés pour éviter d’avoir à recourir au référendum. Après les élections, depuis le siège de son parti, il a déclaré notamment : « Notre peuple nous a demandé de faire une nouvelle Constitution. Et il nous a adressé un message qui nous demande d’élaborer cette Constitution par la voie du consensus et de la négociation. Donc, nous allons débattre de cette nouvelle Constitution avec les partis d’opposition, avec les organisations de la société civile et des universitaires ». Mais, la situation des 9 députés détenus démente ces paroles d’Erdogan.

Les nouveaux députés kurdes ont pris la décision de boycotter le parlement turc TBMM

Pour protester contre la décision concernant rejet du statut de Hatip Dicle et la détention des 5 autres députés kurdes, les députés élus en qualités d’indépendants ont pris la décision de boycotter l’Assemblé Nationale de Turquie. Selon la déclaration faite par le BDP, ils ne vont pas au Parlement tant que le gouvernement et le Parlement n'auront pas pris de mesures concrètes pour remédier à cette injustice et offrir des opportunités pour une résolution en ouvrant la voie à des politiques démocratiques.

La principale force kurde constituée du BDP, HAK-PAR et KADEP, avec le soutien aussi de la Gauche Turque, a remporté 6,3% des votes et 36 sièges. Donc, si une solution est trouvée pour la situation des 6 députés kurdes, cette force pourra jouer un rôle crucial en faveur de la démocratisation du pays, ainsi qu’en faveur de la résolution de la question kurde.

Ahmet DERE / 01.07.2011

19/05/11

La Turquie est dans un processus fragile


Depuis deux semaines la tension en Turquie monte de plus en plus autour de la question kurde. Pour le moment il n’y a aucune solution qui est prévue dans le but de calmer cette situation. Personne ne peut deviner où va ce pays et quel sera son avenir.

Si un processus de négociations ne commence pas entre les dirigeants de l’Etat Turc et les responsables des organisations kurdes, malheureusement, après le 15 juin, un nouveau processus de guerre recommencera dans ce pays qui se trouve au cœur d’une région problématique. A ce moment là il sera trop tard pour empêcher qu’il y aie de nouveaux victimes.

Malgré le cessez-le-feu du PKK, (Parti des travailleurs du Kurdistan) qui est déclaré depuis Août 2010, les opérations armées turques se multiplient de jour en jour, surtout ces dernières semaines, alors que doivent avoir lieu le 12 juin des élections législatives. Suite à ces opérations, depuis le début du mois d’avril, une trentaine de militants du PKK ont été tués. Dernièrement, le 14 mai, douze guérilleros ont été tués à la frontière irakienne. Le jour même, des renforts militaires ont été dépêchés sur les lieux et une vaste opération a été lancée dans la région frontalière avec l’Irak.

Pendant les deux derniers mois, des dizains de milliers de Kurdes ont assisté aux funérailles des militants kurdes. Dans tous ces funérailles les kurdes appellent le gouvernement de l’AKP à cessez les opérations et dialoguer avec des responsables des organisations kurdes. Cet appel est fait par les Kurdes dans le but de calmer la situation et d’empêcher qu’il y aie de nouveau victimes.

A cause des opérations menées par l’armée turque, la région est toujours en ébullition avec de violentes manifestations. Les protestations organisées rassemblent de nombreux responsables de différentes organisations kurdes présentes dans la région. Cela veut dire que, parmi les Kurdes il y a une union qui est en train de se consolider.

Suite aux opérations menées dans la régions, malgré 20 jours qui restent pour les élections législatives, le boycottage des élections est toujours sur l’ordre du jour du BDP. Depuis le début du mois d’avril plus de 2 000 Kurdes, pour la plupart sont des responsables du BDP, ont été arrêtés.

Si un tel boycottage des élections est réalisé par le BDP, ce serait un revers pour Recep Tayip Erdogan. La légitimité des élections serait en cause. A ce moment là Recep Tayip Erdogan ne peut pas faire « la démonstration d'une élection démocratique, à laquelle tout le monde participe ».

Malgré toutes promesse en faveur d’une solution démocratique à la question kurde, le gouvernement de l’AKP continue à tromper toujours l'opinion publique et ne prend aucune mesure effective.

Il est bien évident que l'AKP gagnera la troisième victoire consécutive le 12 juin prochain, mais cela ne veut pas dire que ce parti gagnera la confiance du peuple de la Turquie amènera la paix au pays. Cette confiance ne peut être gagné que si une solution est trouvée à la question kurde, qui est une vraie obstacle sur le chemin de la démocratisation du pays. Les dirigeants de l’AKP doivent savoir que les projets concernant le creusement d'un canal parallèle au Bosphore ne peut pas amener le pays vers la paix et la prospérité.

En parallèle avec la situation de guerre au Kurdistan, la Turquie est aussi devenu la plus grande prison du monde, surtout pour les intellectuels, les hommes politiques et les journalistes. Selon un rapport de l’association des droits de l’homme (IHD) « La police porte atteinte volontairement à la vie ».

Ahmet DERE
Journaliste / Ecrivain

07/04/11

L’Intervention Contre la Libye et la Turquie

En ce qui concerne la guerre contre la Libye, les dirigeants turcs ont plusieurs motifs internes et externes. Le 12 Juin prochain il y aura des élections législatives dans ce pays. Au début du conflit, le parti au pouvoir d’AKP, ne voulait pas se mêler dans une guerre contre un pays musulman. Mais, suite aux interventions américains, finalement la Turquie, seul pays musulman membre de l'OTAN, a accepté d'envoyer, sous l'égide de l'Alliance, des navires de guerre au large de la Libye, soi-disant, pour faire respecter l'embargo décidé contre ce pays.

Mais, malgré tous, l'intervention de la coalition en Libye provoque toujours une nouvelle poussée de fièvre dans les relations entre Ankara et Paris. La Turquie a de sérieux arguments concernant ce point. D’abord, les dirigeants français ne veulent pas d’une entrée en bonne et due forme de la Turquie dans l’Union européenne. Ensuite, le Premier ministre turc est aussi en désaccord sur certains points cruciaux avec Nicolas Sarkozy.

En France, on déplore la dégradation confirmée des relations franco-turques, mais on choisit toujours de ne pas dramatiser. L’important pour Paris a était que le Quatar et les Emirats arabes unis aient décidé de s’engager, et participent aux frappes que conteste la Turquie.

Au début de l’intervention les dirigeants turcs ne comprenaient pas, pourquoi la France se soit comportée comme si elle assumait le leadership des opérations militaires contre la Libye. Selon eux, il a était difficile de comprendre le fait que la France se soit trop mise en avant dans ces opérations. Ainsi, ils ont un peu du mal à comprendre que la France agisse comme si elle était le principal exécuteur de la résolution (1973, votée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies concernant la Libye)

Lors d’un discours, le Premier ministre turc R. Tayyip Erdogan s'en est pris aux "amis occidentaux" partis en "croisade" en Libye. "Je souhaite qu'ils fassent immédiatement leur examen de conscience pour avoir exprimé des notions ahurissantes qui attisent la théorie d'un conflit de civilisations". "Certains, malgré tous nos avertissements, brouillent les esprits au sujet de l'opération en Libye et emploient des expressions très déplacées telle que croisade, ce qui provoque des interrogations".

Nous ne savons pas si la position de Paris, en ce qui concerne l’adhésion de la Turquie à l’UE, va changer ou pas. En tout cas, Paris estime toujours que la Turquie ne fait pas géographiquement de l'Europe. De l’autre côté, Ankara présente sa candidature comme une chance pour les Européens, le lancement d'un pont entre Europe et Asie, vecteur de paix.

En conclusion, la participation de la Turquie aux opérations de l’OTAN contre la Lybie pose toujours une contradiction dans la position du gouvernement d’AKP. Dans ce processus des élections législatives en Turquie, celle-ci deviennent plus approfondies. Ainsi, en ce qui concerne le processus des négociations, il s’agit d’une vraie impasse: jusqu’à maintenant, seuls 13 des 35 chapitres du processus des négociations ont été ouverts et un seul a pu être bouclé.

Ahmet DERE / 06.04.2011

01/03/11

Un point de vu sur les relations entre les Kurdes et les Juifs

Les Juifs et les Kurdes sont deux peuples d’origine du Moyen Orient. Malgré que les Kurdes soient descendants de la racine indo-européenne et que les Juifs soient Samiens, ces deux peuples se sont jamais confrontés l’un contre l’autre. Quand on regarde l’historique de ces deux peuples, surtout pendant les deux derniers siècles, on voit bien qu’ils ont été victimes des oppressions presque pareilles et de mêmes approchements politiques. Donc, il y a beaucoup de points communs entre les traitements que ces deux peuples ont subis, courant de leur histoire.
Pour bien analyser la position actuelle des Juifs envers les Kurdes et leur question, il est bien important de voire le niveau des relations qui a eu entre ces deux peuples. Ceci est bien important, en ce qui concerne l’avenir des relations qui doivent avoir entre eux. Sans bien connaître le passé, il est difficile de proposer où critiquer ce qui est actuellement.

Avant tout, je veux attirer l’attention sur le destin presque pareille, de ces deux peuples. Malgré ceci, aujourd’hui il y a une large distance entre leurs positions. Les Juifs ont eu le soutien des grands puissances pour se créer un état, mais les Kurdes ne l’ont pas. Avec la création de leur état, la plupart des Israéliens ont pris une position à coté des Américains et aussi des Turcs contre les Kurdes. Cette attitude a empêché l’évolution des relations entre ces deux peuples.

Contrairement à la position actuelle des Israéliens, dans l’histoire, on peut constater un bon lien entre les Kurdes et les Juifs. Il serait intéressant de voir si les divers groupes juifs ont aussi un fort lien de parenté de Kurdes dans les lignées maternelle, comme ils le font dans les lignées paternelles. Des études préliminaires indiquent que les populations juives dans l'Europe de l'Est et le Yémen ont maternelles origines qui contiennent beaucoup plus de non israélite ascendance paternelle que leurs origines. En dépit de ce mélange avec d'autres groupes, les Juifs ont plutôt commencé leur existence dans une zone à l'intérieur ou à proximité du Kurdistan, avant la migration vers sud-ouest d'Israël. Cette aventure des recherches montrant que les Kurdes et les Juifs ont partagé beaucoup de point communs depuis plusieurs millénaires. Espérons que les Kurdes et les Juifs exploreront des uns et des autres cultures, et pour maintenir l'amitié, afin que les Kurdes et les Juifs jouissent dans toutes les parties du Kurdistan.

Il faut diviser la situation des relations entre les Kurdes et les Juifs ; celles d’avant la seconde guerre mondiale et celles d’après. Nous savons bien qu’avant 1945 beaucoup de Juifs vivaient au Kurdistan avec la population kurde. Comme les Arméniens, les Juifs aussi avaient de très bonnes relations avec leurs voisins Kurdes. Malgré que les Ottomans aient essayé d’utiliser les Juifs contre les peuples non-turcs, ce qui se trouvent dans la région du Moyen Orient et de l’Anatolie, les relations entre les Juifs et les Kurdes n’ont jamais étaient mauvaises. Une relation basée sur le bon voisinage a été toujours vivante chez des Juifs et chez des Kurdes. C’est surtout après la seconde guerre mondiale que la distance entre ces deux peuples a été élargie.

Au début des années de la seconde guerre mondiale, les relations entre les musulmans et les Juifs au Kurdistan ne virent pas d'événement marquant. Les Juifs qui avaient de contactes avec les Kurdes, ne se sentaient pas dérangés, apparemment ils se sentaient bonnes et tranquilles. Au Kurdistan Irakien, surtout dans les villes comme Akre et Zaho, le statut des Juifs et leurs relations avec le voisinage étaient notablement meilleurs. Même maintenant on peut voire des contactes normaux, ceci malgré la provocation des turcs faite par les Turcomans.

Aujourd’hui on voit bien que les dirigeants Israéliens ont deux fers au feu dans la région. Hélas, nous voyons que les dirigeants Israéliens comptent toujours sur l'alliance stratégique avec la Turquie, tout en se sentant affaiblis par l'arrivée au pouvoir des islamistes (depuis 2002 avec le pouvoir d’AKP). Malgré cette arrivé de l’AKP au pouvoir et certaines rapprochements du gouvernement turc contre l’Israël, on voie toujours qu’il y a un effort mutuel dans le but de renforcer les relations économiques, politiques et même militaire entre ces deux pays.

D’autre par, l’Israël garde en réserve l'option sur les Kurdes de l’Irak, qui ont une autonomie dans leur région. Peut être ce comportement d’Israël suscite une petite colère de la Turquie opposée à l'émergence d'un État du Kurdistan à leur frontière. Mais, de toutes façons, les dirigeants turcs sont bien assurés de la par des Israéliens qu’ils ne défendront pas l’idée d’un Etat Kurde, ni dans les frontière de l’Irak, ni dans les frontières de la Turquie elle-même. Sur ce point, il semble qu’il y ait un bon compromis entre les Turcs et les Juifs.

Il est normal et bien claire de dire que la position actuelle des dirigeants Israéliens dérange les Kurdes. Un peuple, qui a été réprimé dans son histoire, doit défendre les mêmes droits pour les autres aussi. Surtout, quand il s’agit des deux peuples réprimés et assimilés de même façon, ce point devient plus important.

Kurdes sommes ouverts à l’amitié avec tous les peuples et notamment ceux du Moyen Orient, Arabe, Juif, Arménien, Assyrien et autres. Ici, je n’accuse pas seulement les Juifs, bien sûr on peut trouver la faute des Kurdes aussi vis-à-vis des Juifs. Si un jour les relations entre les Juifs et les Kurdes deviennent un point à analyser, à ce moment là nous pouvons mieux comprendre les choses des deux côtés.

Les Kurdes veulent que les Israéliens considèrent bien la nécessité d’une solution politique à la question kurde et utilisent leurs moyens dans les instances internationaux. Une guerre menée contre les Kurdes, de la par qui que ce soit, n’apporte aucun crédit aux intérêts des Juifs. De vrais intérêts des Juifs passent par un processus de paix qui est pour tous les peuples de la région.

Je pense que le temps est arrivé pour renforcer les relations entre ces deux peuples. Je veux ajouter que, si un tel processus se progresse, ceci peut contribuer la paix pour toute la région du Moyen-Orient, y compris pour les Juifs et les Palestiniens.

Ahmet DERE 01.03.2011 / Strasbourg

01/02/11

L’Adhésion de la Turquie à l’UE et la Position des Kurdes

L’entré de la Turquie à l’Union européenne a été un point essentiel parmi les tâches de tous les gouvernements turcs, depuis 1987, la date où la Turquie a fait officiellement sa demande auprès de cette institution. Mais, depuis lors, aucun gouvernement turc n’a fait des progrès dans le sens de faire progresser ce pays, selon les critères européens. Certains gouvernement ont voulu faire avancer la Turquie vers l’Europe, comme ce du l’ANAP, Parti fondé par Turgut Ozal, mais, malheureusement, ils étaient toujours confrontés à un mûr dure des forces militaires et paramilitaires.

Après avoir été reconnu candidat pour le processus de la candidature à l’UE, en 2005, la Turquie a été acceptée, en tant que pays candidat, par l’institution européenne. Suite à cette décision attendue de l’UE, le 12 juin 2006 les négociations ont commencées entre les autorités turques et celles de l’UE. En totale on a déclarés 35 points à négociés, afin que ce pays ait un niveau démocratique et prospère pour devenir membre de l’Union européenne.

Malgré une « volonté » toujours prononcée par les gouvernements turcs, en ce qui concerne l’adhésion à l’UE, jusqu'à maintenant, je ne vois pas beaucoup d’évolutions pratiques dans ce pays, surtout en ce qui concerne les critères politiques et celles des droits de l’homme. Donc, cette réalité doit être traduite comme un comportement insincère de la Turquie envers de l’Europe. Je sais que sur ce point, surtout derrière des rideaux fermés, il y a toujours des discussions très sévères entre les autorités turques et européennes. Même, de temps en temps, les critiques très sévères de la part des autorités européennes, envers la Turquie, sont prononcés devant les médias.

En Turquie, il y a des organisations qui peuvent jouer un rôle positif dans le processus de négociations. Par exemple TUSIAD et les autres organisations civiles. Mais, malheureusement, au sein de ces organisations aussi il y a ceux qui ne sont pas favorable à l’UE. Il faut savoir que cette position est aussi influencée par la concurrence économique entre les différentes sociétés turques. Certaines grandes sociétés turques qui ont déjà de bonnes alliances en Europe et qui n’ont pas de difficultés pour développer leurs actions, sont contre l’adhésion de leur pays à l’UE. Ce point peut paraitre comme une contradiction, mais, il est une vérité de la mentalité politique et commerciale de ce pays. C’est pourquoi d’ailleurs, les organisations de différents domaines du travail ne se sont pas bien engagées dans le processus.

La position des Kurdes

Avant tout, il faut savoir que, la racine kurde qui est indo-européenne. Ainsi, les Kurdes ne sont pas fondamentalistes, au niveau religieux. Parmi les peuples du Moyen Orient, les Kurdes sont plus ouverts à l'intégration vers l'Europe. Sur ce point ce n’est pas simplement les Kurdes de Turquie qui sont favorables, mais aussi les Kurdes de l'Irak et de Syrie et même les Kurdes de l'Iran partage la même volonté.

Pour les Kurdes, le fait d’être européen est perçu différent que les autres nations du Moyen Orient et les Turcs de l’Anatolie Centrale. Le fait que les Kurdes sont indo-européens et leur langue fait partie du groupe des langues européennes, approche ce peuple vers l’Europe. Aussi, depuis 1960, avec surtout la politique d'immigration de la Turquie, beaucoup de Kurdes sont venus en Europe et ils y vivent une vie demi-européenne. Actuellement, il y a à peu près un million cinq cent mille Kurdes vivant en Europe, dont des millions aussi de proches parents au Kurdistan qui sont en relations régulières. Donc, ceci est un point aussi essentiel qui approche un peu plus l'Europe vers les Kurdes, les Kurdes vers l'Europe.

Pas simplement au niveau de la langue, au niveau de la modernité aussi les Kurdes sont plus ouverts à une progression dite européenne. Même, si la plupart des Kurdes est musulmane, les Kurdes sont plus ouverts à l'intégration avec les autres religions. Comme le Kurdistan a été dominé par les autres forces, les Kurdes ont été obligés de vivre avec les autres nations et peuples. Ceci a intégré les Kurdes parmi les autres peuples. Et donc, le racisme n’est pas fort chez des Kurdes.

Les Kurdes sont bien déterminés que l'adhésion de la Turquie peut influencer la Turquie afin qu'on puisse trouver une solution pacifique à la question kurde. Si la Turquie devient membre de l'Union européenne, la question kurde devient plus ou moins une question européenne. Et, à ce moment-là, les institutions européennes seront obligées de s'en occuper d’une façon plus active. Actuellement, comme la Turquie n'est pas encore membre de cette Union, il y a des institutions européennes qui prétendent que ; « la question kurde est une question interne à la Turquie, donc nous ne pouvons pas se mêler ». Une foi que la Turquie est devenue membre de l'UE, à ce moment-là, ils ne peuvent pas se tenir à part de ce problème. Entre guillemets, il faut dire que l'adhésion de la Turquie n'est pas garantie encore. Il y a encore beaucoup d'obstacles devant la Turquie.

Pour trouver une solution à la question kurde ; premièrement, on peut forcer plus la Turquie, avec le soutien des institutions européennes, deuxièmement, on peut développer une intégration encore mieux entre les communautés européennes et le peuple kurde, troisièmement, on peut avoir un soutien au niveau économique aussi pour développer les régions sous-développés du Kurdistan.

C’est pour ces raisons que, et pendant longtemps, beaucoup d’organisations kurdes en Europe ont fait du lobbying au sein des institutions européennes, comme le Parlement européen notamment, afin que la Turquie soit acceptée en tant que candidate à l'Union européenne.

Ahmet DERE / 01.02.2011

25/12/10

Les Droits de l’Homme en Turquie et les Kurdes

Le 10 décembre l’humanité a célébré le 62ème. anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies. Cela veut dire que depuis 62 ans une institution, dont la Turquie est aussi membre, reconnait les mêmes droits pour chaque individu, sans faire de distinction entre les être humains. Depuis lors, plusieurs organisations internationales ont été crées dans différents pays et régions pour lutter contre la violation des droits de l’homme. Il est bizarre de constater que ces organisations ont lutté surtout contre les Etats membres de l' ONU qui violent toujours et sans cesse ces droits ; malheureusement la Turquie fait partie de ces Etats.

Selon les critères de l’ONU et de ses institutions ; , personne n’est supérieur à un autre. Chaque être humaine est né sans avoir de valeur supérieure à un autre. Lorsque les Nations Unies ont adopté cette déclaration universelle, le but a été de défendre tout le monde, sans faire la distinction entre les régions, les pays et les continents. En théorie tout est clair, on ne peut pas s’y opposer. Mais, quant il s’agit de situation concrète , hélas, nous ne pouvons pas dire la même chose. Sur notre planète il y a une véritable discrimination, surtout au niveau de la reconnaissance des droits de l’homme. Il existe certaines régions où on ne ressent même pas la moindre égalité entre les être humains.

Dans les régions où l’égalité entre les être humains est faible, souvent il existe un fossé d’inégalité entre les hommes et femmes. De plus on constate une situation identique entre les classes économiques et sociales « supérieures » et « inférieures » (les riches et les pauvres, les patrons et les ouvriers, la bourgeoisie et les villageois, etc.).

Depuis 1948 la plupart des pays ont modifié leur constitution en prenant en considération la déclaration universelle des droits de l’homme. La Turquie est un des pays qui a voulu se démocratiser après 1950. Un système pluraliste, au niveau des partis politiques, a vu le jour. Dix ans après son accès aux Nations Unies, c'est-à-dire à partir des années 1960, ce pays a montré sa volonté en faveur de devenir membre de la communauté européenne. En 1987 la demande officielle a été déposée auprès des autorités européennes par le gouvernement présidé par Turgut Ozal. Malgré la volonté de la Turquie pour devenir un pays européen, les coups d’états se sont succédé jusqu’à 1980. L'’influence des militaires ne s’est pas amoindrie jusqu’à ce jour.

Selon les rapports établis par les organisations de défense des droits humains, uniquement durant les huit ans de gouvernement de l’AKP, c'est-à-dire depuis 2002, 282 personnes ont été victimes de meurtre commis par des auteurs inconnus, 2 262 personnes ont perdu la vie dans les conflits, 8 710 personnes ont été torturées, 87 513 personnes ont été placées en garde à vue, dont 11 034 ont été inculpées et incarcérées, 232 partis et associations ont été interdits ou ont fait l’objet d’une procédure d’interdiction. Il faut savoir que la grande partie de ces victimes est kurde. Sur l'ensemble du territoire turc mais spécialement c’est dans les régions kurdes où on ne ressent pas beaucoup de respect pour les droits de l’homme.

Pendant ces 8 dernières années, les autorités du gouvernement d’AKP ont toujours prétendu qu’ils ne font pas de distinction entre les citoyens. Mais, la réalité de la situation au Kurdistan, éclaire sur la sincérité de ce gouvernement.

Pour constater la réalité en Turquie et au Kurdistan, il suffit d'examiner les rapports des organisations internationales comme HRW (Human Rights Watch), Amnesty International, la FIDH. Dans plusieurs rapports des ces organisations on attire l’attention sur l’obstacle judiciaire contre la liberté d’opinions, surtout dans les régions kurdes. On y souligne « De simples citoyens kurdes sont reconnus comme des militants armés par la plupart des autorités étatiques dans ces régions là. Les enfants qui participent à une manifestation sont traités comme des militants du mouvement kurde ». En 2009, 177 enfants kurdes ont été condamnés par des tribunaux turcs, pour une peine totale de 772 ans, 2 mois et 26 jours de prison. En 2010 plus de 200 enfants ont été arrêtés et sont actuellement toujours emprisonnés.

Depuis les 62 ans de la déclaration de l’Organisation des Nations Unies, e nous sommes très éloignés de l'affirmation que les règles internationales humanitaires sont appliquées pour le peuple kurde.

Au début de l’an 2010 j’avais l’espoir de voir naître l'égalité de traitement envers mon peuple, mais cela n’a pas vu le jour. C’est pourquoi je ne suis pas certain que l’an 2011 répondra mes souhaits.

Malgré tout, je souhaite à tout le monde un joyeux noël et une bonne année de 2011.

Ahmet DERE
Journaliste / Ecrivain / 27.12.2010

31/10/10

Justice devient politique contre les Kurdes

Tout le monde a besoin de la justice. Sans justice et le respect au droits de l’homme, nous ne pouvons pas vivre ensemble et dans la paix. La stabilité d’un pays dépend à son système juridique qui fonctionne bien. Un pays où la justice est devenue un instrument politique, personne ne peux avoir la confiance à la fonction des institutions étatique. Donc, dans ce où ces pays nous ne pouvons ni parler de la démocratie, ni des droits de l’homme.

Le 18 octobre dernier le procès des 151 kurdes a commencé à Diyarbakir. Pour la plupart de ces kurdes sont politiques, mais aussi parmi eux il y a des syndicalistes, des avocats, des défenseurs des droits de l’homme, des féministes, des fonctionnaires, des retraités. Tous ces gens ont une passé au courant de laquelle ils se sont engagés pour la reconnaissance des droits du peuple kurde et l’affirmation de son identité culturelle. Une partie de ces kurdes, qui sont défendus actuellement par plus de 300 avocats, a déjà connu la prison.

Pour observer ce procès, plusieurs délégations étrangères sont allées à Diyarbakir. Cette présence des délégations étrangères signifie une solidarité pour ces 151 Kurdes, elles apportent soutien morale. Mais, selon mes informations, ce procès avait commencé sous l’influence des mesures de sécurité qui ont empêché les délégations européennes d’observer le déroulement des séances du tribunal.

L’acte d’accusation de ce procès compte plus de 7’500 pages, fondé sur des écoutes téléphoniques illégales et des témoignages secrets. D’après les avocats des détenus, ce monstre acte d’accusation leur a été rendu seulement deux mois avant l’audience. Cela veut dire que les règles de procédure ne respectent pas aussi les standards minimaux de la Cour européenne des droits de l’homme, dont la Turquie fait partie.

Je veux rappeler que, ce procès n’est pas individuel, il s’agit là d’un procès politique mené contre une masse qui est considérée comme la force de la représentation du peuple Kurde. Depuis des années 1990, c’est un procès unique qui est tellement vaste, ouvertement politique et qui durera pendant des semaines. Le but de ce procès n’est pas de faire un jugement juridique, il veut briser toute forme d’organisation civile dont le but est de défendre les droits des Kurdes. C’est pourquoi la plupart des ces 151 inculpés, dont les noms figure sur les documents de jugement, est ce des membres du BDP (Parti de la Paix et de la Démocratie). Il faut savoir que, jusqu’à maintenant, près de 1800 membres et dirigeants de ce même parti sont arrêtés après les élections municipales du 29 mars 2009, qui avait fait de bons succès pour ce parti.

Je considère ce procès tout à fait politique, mais masqué par la « justice ». Il est dirigeait selon la volonté du gouvernement d’AKP qui veut terroriser les Kurdes, surtout leur force légale. C’est pourquoi tout est mis en œuvre pour que le procès aboutisse à l’issue attendue par le gouvernement. A part des activités politiques et intellectuelles, aucun des inculpés n’a incité à la violence et ni a fait usage de violence.

Au lieu de consolider la société civile avec laquelle un dialogue devrait se tenir pour pouvoir mettre fin au processus de l’affrontement, le gouvernement d’Ankara tente de refermer toutes espaces politiques contre les Kurdes. Malheureusement, cela n’aura qu’une conséquence ; faire monter encore plus la colère des Kurdes et les pousser vers un processus de guerre.

Selon les informations venant de Diyarbakir, au début du procès, tous les inculpés aurait demandé de plaider en langue kurde. Mais, malgré le changement de loi, soi-dis-en qui permettent l’usage de la langue kurde, cette demande leur a été refusé.

Des inculpés politiques sont face à une justice politique, un procès politique, des juges politiques. Bien sûr les arrêtés seront aussi d’après la volonté politique du gouvernement turc. Est-ce n’est pas une violation des normes internationaux du droit humanitaire ?

Ahmet DERE / 30.10.2010

06/10/10

En quoi consiste le référendum en Turquie

Déclaration du Groupe GUE/NGL :Une occasion pour Erdogan d'entamer le dialogue avec les Kurdes

HISTOIRE DES KURDES -Résumé du livre de l'écrivain Ahmet DERE-

La Turquie va vers la guerre civile

Wikipedia -Ahmet DERE-

Lettre ouverte aux députés Européens -Ahmet DERE-

La Guerre ou la Paix ? (Par Ahmet DERE)

LE QUATRIEME LIVRE D'AHMET DERE (Par Alain CALES)

"Les Kurdes, la Turquie et les Forces Internationales" peut être commandé par Mail: farasin@hotmail.com

Solution Raisonnable

Un journaliste kurde risque 525 ans de prison en Turquie

La Turquie vit au rythme des opérations militaires et policières

Première opération contre le BDP

18/09/10

En quoi consiste le référendum en Turquie

Le 12 septembre dernier les électeurs turcs ont voté les 26 amendements concernant la constitution. Nous pouvons dire que, ces amendements « limitent », désormais, les pouvoirs de la hiérarchie judiciaire et de l'armée. Avec cette vote, on peut aussi constater qu’il y a eu une volonté de la majorité des citoyens de Turquie de sortir du régime de tutelle militaire lié à la Constitution de 1982 et de poursuivre le processus de la démocratisation vers une « mentalité européenne ».

Cette réforme constitutionnelle exige que le nombre des membres de la Cour constitutionnelle passe, désormais, de 11 à 17, dont trois nommés par le Parlement, qui est contrôlé depuis 8 ans par l’AKP. Ainsi, elles ouvrent la voie de jugement par la Cour constitutionnelle, pour le chef d'état-major des armées et ses quatre plus hauts commandants.

Un des points importants, dans le paquet de ces réformes, c’est celui qui donne le droits aux citoyens turcs de saisir la Cour constitutionnelle sur des questions des droits de l'homme, après avoir épuisé toutes les recours judicaires.

Ce nouveau changement, qui amende la loi fondamentale de 1982, héritée des militaires, après le coup d'Etat de 1980 et déjà modifiée à plusieurs fois, donne le droits au jugement, de manière plus systématique, des soldats en temps de paix pour tentative de coup d'Etat. Enfin, le texte autorise aussi le procès des leaders du coup d'Etat du 12 septembre 1980. Mais, actuellement il y a une vraie incertitude à ce sujet. Selon ces réformes, l’interdiction des partis politique deviennent aussi difficile, désormais, une seule institution judiciaire ne pourra plus décider la dissolution d’un parti politique.

La principale force de l’opposition, CHP n’a pas voté pour, à cause tout simplement, sous le prétexte de défendre la laïcité, qu’elle veut défendre un régime sous contrôle des militaire. Personne ne peut défendre la position de ce parti par d’autres raisons.

Avec les résultats de ce référendum, on peut dire que le gouvernement de l'AKP a pris certaines mesures pour améliorer le respect de la loi. Néanmoins, ce parti n’a pas pu convaincre les kurdes. C’est pourquoi, le principale parti pro-kurde BDP a pris une position de boycotte. Suite à cette position de BDP, la participation dans les régions kurdes n’a pas passé de 45%, tendis que la participation nationale a été de 77%. Dans certains districts kurdes, le taux de la participation a été moins de 7%. Il ne faut pas traduire cette position des kurdes comme ils étaient contre ce changement, mais les kurdes voulaient que certaines articles concernant la reconnaissance des leurs droits culturels et identitaires soient aussi comprises dans le paquet des amendements. C’est pourquoi le BDP a définis sa position en faveur de la boycotte. J’espère que les autorités turques et aussi européennes, prendront, désormais, en considération le nombre des électeurs qui ont boycotté ce référendum en demandant un dialogue entre les autorités étatiques et les kurdes.

Je sais que Bruxelles soutenait ces réformes et elle a encourager l’AKP dans ces démarches. Mais, d’après moi elle ne doit pas arrêter de faire la pression sur le gouvernement turc afin de faire une changement complète de la constitution. Si non, avec ces réformes, personne ne peut garantir le processus d’une démocratisation pour ce pays, ni un respect pour les critères européens.

Malgré le cessez-le-feu déclaré par le PKK, depuis le 13 Août dernier, des opérations armées turques ne se sont pas arrêtées. Entre temps plusieurs affrontements ont eu lieu et une dizaines de militants ont perdu leur vie. Dernièrement, le 16 septembre, dans une explosion de mine, actionnée à distance, attribuée à l’armée turque, neuf civiles de la région de Hakkari, ont été tuées et quatre blessées, dont un bébé de 15 mois.

Voilà, la photo de la Turquie et le référendum.

Ahmet DERE (Journaliste / Ecrivain ) 17.09.2010

17/09/10

Déclaration du Groupe GUE/NGL :Une occasion pour Erdogan d'entamer le dialogue avec les Kurdes

Réagissant aux résultats du référendum dans lequel les citoyens turcs ont adopté une révision de la constitution telle que proposée par le Premier ministre Erdogan, le Président du GUE/NGL Lothar Bisky a déclaré:
«Avec la révision réussie de certaines sections de la constitution turque, le gouvernement de l'AKP de Recep Tayyip Erdogan a pris certaines mesures pour améliorer le respect de la loi. Il a aussi démontré son pouvoir et sa capacité à gouverner. Néanmoins, Erdogan n'est pas parvenu à convaincre les citoyens de certaines régions kurdes spécifiques où la plupart des gens ont suivi l'appel du BDP pour un boycott.»

Sur les affrontements sanglants qui ont lieu en région kurde de la Turquie, Bisky insiste: "Après l'offensive militaire de taille de l'armée turque contre les groupes d'opposition armés kurdes, le PKK a fait un pas vers le gouvernement et a déclaré un cessez-le-feu unilatéral. J'appelle le Premier ministre Erdogan à saisir l'opportunité de ce cessez-le-feu, et de faire usage de ce pouvoir renforcé en vue d'une «offensive vers la paix". Pour enfin parvenir à une solution durable et pacifique de la question kurde, un dialogue avec tous les représentants de la population kurde doit maintenant commencer.»

Bisky poursuit: «Bientôt, les citoyens turcs éliront un nouveau Parlement. Il est absolument nécessaire que les actes de criminalisation et de répression contre les politiciens kurdes cessent afin que la démocratisation, la paix et le processus de réconciliation sociale soient renforcées. En particulier, la clause de dix pour cent actuelle semble trop restrictive et devrait être révisée. Deuxièmement, les procès à venir des maires et militants arrêtés du DTP et BDP sera un test du respect du droit et l'histoire longue et triste d'interdictions de parti doit enfin se terminer. (www.guengl.eu, 15 septembre 2010)

01/09/10

HISTOIRE DES KURDES -Ahmet DERE-

(Cet article est un résumé de la première partie du livre de l'ecrivain Ahmet DERE -Les Kurdes, la Turquie et les Forces Internationales-)

Les Kurdes sont d'origine indo-européenne et descendent, notamment, des Mèdes. Ils comptent, actuellement entre 35 et 40 millions de personnes. Plus de 20 millions des Kurdes vivent en Turquie, près de 7 millions en Iran, environ 6 millions en Irak, environ 2,5 millions en Syrie, plus de 1.5 million dans les pays de l’UE et plus de 1.5 million en Russie, dans les pays d'Asie centrale, en Azerbaïdjan, en Géorgie et en Arménie. Il existe également des communautés kurdes au Liban, au Koweït, en Australie, au Canada, aux États-Unis et au Japon. Nous pouvons dire que les Kurdes constituent le plus grand groupe ethnique sans État du monde.

Depuis les années 1920, les Kurdes luttent pour pouvoir faire reconnaître leurs droits à l’autodétermination. Tous les États qui abritent une communauté non-négligeable de Kurdes s’opposent activement à la reconnaissance de leurs droits.............(voir le livre)

Le Kurdistan a un passé historique riche et très ancien que nous connaissons un peu grâce aux découvertes archéologiques en Haute-Mésopotamie. Les premières traces d'un « village » ont été retrouvées à Zawi Chemi Chanidar (XIe-Xe siècle av. J.C.). À Jarmo (près de Kirkouk), on a retrouvé les premiers indices relevant de la culture d'Hassuna (VIe siècle av. J.C.), à laquelle succède la culture de Halaf (Ve-IVe. av J.C) que l'on retrouve également dans la région du Xabur.

La première civilisation de la région reconnue comme telle est celle des Hurrites (2300-1300 av. J.C.) dont les populations parviennent à une unité politique vers le XVIe siècle av. J.C. sous le nom de Mitanni dont les souverains portent des noms aryens. Erbil et Kirkouk sont des cités importantes de cet État. La région va être intégrée aux Empires médio-assyrien.

Au premier millénaire avant notre ère, commence dans la région du Kurdistan l'arrivée d'un peuplement iranien qui la marque ethniquement et linguistiquement.

À la fin du VIIe siècle, les tribus mèdes s'unissent et prennent Ninove comme capitale. En 612 av. J.C. ils vont jeter à bas l'Empire néo-assyrien. En 553 av. J.C. l'Empire des Mèdes sera intégré au sein de l'Empire de Perse, sous Cyrus le Grand. En 330 av. J.C. Darius III est vaincu par Alexandre le Grand auquel succéderont les Séleucides jusqu'en 141 av. J.C. puis arrivent les Parthes arsacides également iranophones qui bloqueront les Romains au Nord-est de l'Euphrate. Les Parthes sont remplacés en 246 de notre ère par les Sassanides qui imposent le Zoroastrisme comme religion officielle.

À cette époque, en Anatolie de l'Est, règnent les Arméniens arsacides voisins des Byzantins. Rappelons que pendant toutes ces périodes, l'autorité des États ne s'étend qu'aux plaines et aux pénéplaines. Les montagnards du Zagros et du Taurus oriental continuent à vivre en autarcie et en toute indépendance .C'est dans ce contexte que Xénophon raconte, dans l'Anabase, la retraite des mercenaires grecs retournant dans leur patrie et leur attaque par les Kardoukoi considérés comme des ancêtres des Kurdes.

Les Arabes musulmans, après leur victoire sur les Byzantins à Qadisha, en 637, vont également vaincre les Sassanides à Nehawend en 642, ce sera une défaite totale. La conquête arabe va s'étendre dans tout le Moyen-Orient. Les Kurdes vont s'opposer farouchement à l'invasion arabo-musulmane mais ils finiront par se rallier majoritairement à l'islam sans s'arabiser. Leur conversion à l'islam se fera surtout par le biais des confréries soufies et ils seront principalement sunnites et de règle Chafiite.

À la faveur de l'affaiblissement du pouvoir des califes, les Kurdes qui jouaient déjà un rôle important dans le domaine des arts, de l'histoire et de la philosophie, commencent à affirmer, dès le milieu du IXe siècle, une certaine puissance politique. Parmi les premières dynasties où principauté kurde connue est celle des Merwanides, créée en 984 qui a régné jusqu’à 1096. Cette dynastie kurde s'empare de Silvan, d'Amed, et de Nisibe.............(voir le livre)

Au début du XVI siècle, le pays des Kurdes devient l'enjeu principal des rivalités entre les Empires ottoman et Persan. Le nouveau Shah des Perses, Ismaïl, fonde la dynastie des Safavides et impose le chiisme duodécimain en Iran. Il cherche à le répandre dans les pays voisins. De leurs côtés, les Ottomans, devenus très puissants veulent mettre le holà aux visées expansionnistes du Shah et assurer leur frontière iranienne pour pouvoir se lancer dans la conquête des pays arabes. En 1514, la victoire des Turcs ottomans contre les Safavides à Tchaldiran, fut obtenue grâce à l’aide des Kurdes. Les seigneurs kurdes locaux étaient lassés des mauvais procédés du Shâh Ismaïl à leur encontre. Soutenus par l'armée de Biyikli Mehmed Pasha, ils chassèrent définitivement les Safavides durant les années 1515 et 1516.

Craignant que leur victoire reste sans lendemain, les Turcs chercheront les moyens d'assurer en permanence cette difficile frontière avec l’Iran. C'est un de ses conseillers les plus écoutés, Idrisî Bitlissi qui leur présenta l'idée de reconnaître aux princes kurdes tous leurs droits et privilèges antérieurs en échange de l'engagement de garder eux mêmes cette frontière et de se battre aux côtés des Ottomans en cas de conflit perso-ottoman. Les provinces kurdes ottomanes reçurent le nom de Beylerbeylicat de Diyarbakir. Ce n'est qu'en 1639, que le Kurdistan sera officiellement partagé entre les Perses et les Turcs ottomans lors du traité de Kasr-i-Sirin signé entre le Shah Safi et le Sultan Murad IV.

À l'exception de quelques esprits visionnaires tels le grand poète kurde du XVIIe siècle Ehmedê Khani, les lettrés et princes kurdes semblent croire que leur statut va durer éternellement et n'éprouvent guère le besoin de le changer. En 1675, plus d'un siècle avant la révolution française, le poète Khani, dans son épopée en vers "Mem û Zin", appelle les Kurdes à s'unir et à créer leur propre État unifié. Hélas, il ne sera guère écouté ni par l'aristocratie ni par la population, l'époque n'était pas encore au nationalisme.

En fait, jusque-là, tant qu'ils n'avaient pas été menacés dans leurs privilèges, les princes kurdes se contentaient d'administrer leur domaine, tout en rendant hommage au lointain Sultan-calife de Constantinople. Pourtant, dès 1683, après l'échec du siège de Vienne, Sülleyman, connu en Europe sous le nom de Soliman le Magnifique, nomma un gouverneur général à Diyarbakir, il devait servir d'intermédiaire entre les seigneurs kurdes et Istanbul ce qui restreignait sérieusement leur autonomie.

De 1847 à 1881, commencent les insurrections, sous la conduite des chefs traditionnels, souvent religieux, elles ont le but d'obtenir la création d'un État kurde. Elles seront suivies jusqu'à la Première Guerre Mondiale de toute une série de révoltes sporadiques et régionales contre le pouvoir central, malheureusement à cause du manque d’avant-garde elles furent toutes rudement réprimées par les autorités de l’Empire ottoman.

Il faut préciser que ce n'est qu’au XIXe siècle que l'Empire ottoman a été en proie à de vives convulsions nationalistes, chaque peuple aspirait à créer son propre État-nation. Après avoir tenté vainement de maintenir ce conglomérat en vie par l'idéologie de pan-islamisme et pan-ottomanisme sous l'impulsion des « Jeunes Ottomans », puis des « Jeunes Turcs », les élites turques elles-mêmes devinrent pan-turquistes et militèrent en faveur de la création d'un Empire turc allant des Balkans à l'Asie centrale.

La société kurde aborda la Première Guerre Mondiale divisée, décapitée, sans projet collectif pour son avenir. Les accords de Sykes-Picot, signés le 16 mais 1916 entre la France, la Grande Bretagne et la Russie prévoyaient le démembrement de l'Empire ottoman et son partage entre les deux puissances alliées. Les Kurdes, quant à eux, étaient en conflit sur le devenir de leur nation. Les uns, très perméables à l'idéologie "panislamiste" du sultan-calife, voyaient le salut du peuple kurde dans un statut d'autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l'Empire ottoman. D'autres, se réclamant du principe des nationalités, celui des peuples à disposer d'eux-mêmes, des idéaux de Wilson président des États-Unis et de la Révolution française, se battaient pour obtenir l'indépendance du Kurdistan.

En 1918, le clivage s'est accentué au lendemain de la défaite ottomane face aux Puissances Alliées. Les indépendantistes envoyèrent une délégation à la Conférence de Versailles pour présenter "les revendications de la nation kurde".

Leur action contribuera à la prise en compte, par la Communauté Internationale, du fait national kurde. En effet, le Traité International de Sèvres, conclu le 10 août 1920, entre les Alliés, dont d'une part la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis et d'autre part l'Empire ottoman préconisait dans sa section III (art. 62-64), la création, sur une partie du territoire du Kurdistan, d'un État kurde. Ce traité restera cependant lettre morte, le rapport de forces sur le terrain empêchant son application.............(voir le livre)

Le traité de Lausanne rendait caduc celui de Sèvres et n'apportait aucune garantie en ce qui concerne le respect des droits du peuple kurde, il consacrait l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au nouvel État turc. Auparavant, par l'accord franco-turc du 20 octobre 1921, la France avait annexé à la Syrie, placée sous son mandat, les deux provinces kurdes de cette région. Par contre, le Kurdistan iranien dont une bonne partie était contrôlée par le chef kurde de la tribu Sikakî Ismail Xan dit Simko Aga (1887-1930)* vivait en état de quasi-dissidence par rapport au pouvoir central persan qui n'était pas concerné par les nouveaux traités.

Restait encore en suspens le sort de la province kurde de Mossoul, très riche en pétrole. Turcs et Britanniques la revendiquaient tandis que sa population au cours d'une consultation organisée par la Société des Nations, s'était prononcée dans une proportion de 90% en faveur d'un État kurde indépendant.

Les Kurdes en Turquie

La région des Kurdes de Turquie est la plus grande et la plus importante du Kurdistan. D’après des constatations informelles vu l'absence de recensement sur des critères ethniques, plus de 20 millions de Kurdes vivent, actuellement, dans les frontières officielles de la Turquie. Après la victoire des Turcs à Tchaldiran, contre les Safavides en 1514, plusieurs tribus kurdes ont été déportées du Kurdistan vers l’Anatoli central. Actuellement dans les régions de Konya, Ankara et Kirsehir il y a des centaines de milliers de Kurdes qui sont là depuis de centenaires. Au courant des Suite au traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, éclate une révolte des Kurdes et un grand nombre d'entre eux a été déporté vers les régions de différentes régions de la Turquie. Après 1980, une autre vague de déportations des Kurdes est organisée, suite à laquelle plusieurs millions de Kurdes seront éloignés de leur région. Selon les chiffres non confirmés, il y a actuellement près de dix millions de Kurdes qui vivent en dehors des régions kurdes et se sentent expatriés.

Après le traité de Lausanne, la Turquie Kémaliste engagea une politique nationaliste refusée par les Kurdes de Turquie, qui avaient espéré obtenir une autonomie culturelle et politique. De 1925 à 1938, soulèvements et répressions se succèdent, dans une zone placée sous administration spéciale. Dans les années 1970, plusieurs organisations politiques kurdes de gauche se créent clandestinement, dont le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), fondé à l’avant-garde d’Abdullah Öcalan............(voir le livre)

Après l'arrestation d'Abdullah Öcalan, le 15 février 1999, le PKK déclare un cessez-le-feu unilatéral qui tient jusqu'au 1er juin 2004, date où reprennent les affrontements avec l'armée turque. En quinze ans, la guerre entre l'armée régulière et les militants kurdes a fait au moins 35 000 morts. Le conflit a traumatisé le pays, accentuant le fossé économique, éducatif et culturel entre l'Ouest et l'Est. Des milliers de villages du Nord du Kurdistan ont été rasés et près de deux millions de déplacés sont allés grossir les bidonvilles d'Istanbul, d'Ankara, d'Adana ou de Diyarbakir............(voir le livre)

Il est possible d'affirmer que, grâce à leur culture aux racines indo-aryennes, les Kurdes peuvent contribuer véritablement au renforcement de la nation de Turquie. Si on ne leur reconnaît pas cette capacité d'adaptation, comme c'est le cas depuis de trop longues années, la question kurde, non résolue, restera de manière permanente un problème récurrent et coûteux, une source d’inquiétude, d’affrontements, de désarroi. C'est surtout faire perdurer des campagnes militaires meurtrières et sans solution. Pourtant, au long de l’histoire, l'intérêt supérieur de l'humanité n’a-t-il pas été de permettre aux réalités sociales de se manifester de façon naturelle et d’accorder à tous une attention particulière à leurs diverses valeurs culturelles de pouvoir s’épanouir et de reconnaître la place qui doit leur être réservée, dans le respect de la diversité,?

Les Kurdes en Irak

D’après certains historiens, depuis les années 6000 av. J.C, les montagnards dont sont issus les Kurdes et les peuples sémites auxquels viendront s'adjoindre des tribus bédouines du désert de Syrie dès le début de notre ère, vivent dans la même région comme des voisins. Dans les années 2000 av. J.C., sous l’égide des chefs des tribus sémites, les Amorrites vont fonder d’abord l’Empire de Babylone, puis l’Empire assyrien plus métissé sur le plan ethnique. Ils vont poursuivre pour des raisons économiques : assurer la sécurité des routes commerciales, leur conquête vers le Nord. D’après certaines données historiques, la coexistence des peuples habitant le Zagros et le sud-est du Taurus et des sémites remonte aux années 2000 av. J.C. et elle permet de résister, malgré leurs divergences, contre toutes sortes de menaces. Ces tribus constituées de plusieurs peuples vivent ensemble, pendant des centaines d'années, en Haute-Mésopotamie. On ne peut parler vraiment d'Arabes, soit de dirigeants issus des péninsules arabiques qu'à partir de la victoire de Néhavend, mais de diverses tribus sémites dont les Araméens.

Une nouvelle période dans les relations kurdo-arabes commence avec la création de l'Irak, composé de l'Irak adjemi et l'Irak Arabie au XIXe siècle, plus la province de Mossoul au début du XXe siècle à la demande des Britanniques, qui sera confié en tant que protectorat aux Britanniques et ce dans le but de contrôler la voie du commerce des Indes et les sources pétrolières du pays. Suivant la tactique de la politique "diviser pour régner", les Britanniques dressent les deux peuples l’un contre l’autre, tout en s’alliant avec les deux, et essaient d’étendre leur pouvoir en soutenant tantôt l'un et tantôt l'autre. Dès 1918, dans le vilayet de Mossoul, occupé par les Britanniques, se leva la première révolte kurde, elle était le fait du cheikh Mahmoud Berzencî qui souleva le Kurdistan méridional (Suleymaniye) et se proclama, en 1922, « roi du Kurdistan ». La répression fut violente et la région fut bombardée, le leader kurde fut exilé aux Indes. Dès le début du protectorat, les Britanniques jouent la carte des Arabes et installent sur le trône la dynastie hachémite chassée de Syrie par les Français ce qui ne peut satisfaire les Kurdes. Les Anglais placent les cheikhs féodaux et les chefs arabes en position dominante face aux Kurdes, aux chrétiens de diverses tendances et aux Turkmènes, ils imposent, durant cette même période, un régime monarchique tout en favorisant une nouvelle ère islamique. C'est alors que débute une période de révoltes déclenchées par les Kurdes dont le leadership s'est déplacé vers le nord, dès 1930, autour de la famille des Barzani............(voir le livre)

Après le coup d'État d’Abdulkerim Kassem contre la monarchie irakienne, en 1958, les relations entre les Kurdes irakiens et le pouvoir central irakien se détendent. Les affrontements reprennent entre 1961 et 1970, puis en 1974 et 1975. Le 22 mai 1975, Calal Talabani va fonder l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK). À partir de cette date, la force du mouvement kurde d’Irak perd de plus en plus d'influence et se révèle peu intègre. Il devient l'outil de certains États, tels Israël et les USA. L’obsession du profit devient une maladie qui ronge le mouvement kurde et l'entraîne dans le processus habituel des anciens affrontements tribaux. Ce processus ouvre la voie vers une dégénérescence et une certaine collaboration avec le pouvoir existant. C'est pourquoi les Kurdes ne pourront pas saisir l'opportunité qu'aurait pu représenter pour eux, la période, commencée dans les années 1980, avec les guerres Iran – Irak et les guerres du Golfe. Au début de cette guerre contre l'Iran, le régime de Saddam Hussein multiplie les actions contre les Kurdes. Les campagnes militaires d'Anfal (1987-1988) font des dizaines de milliers de morts. Le 17 mars 1988 Saddam Husein utilisa le gaz chimique contre la ville de Halabja où plus de 5 milles Kurdes ont perdu leurs vies et des dizains de milliers de Kurdes se sont enfuis ver les frontières du Nord et de l’Est du Kurdistan.

Les Kurdes se soulèvent à nouveau en 1991. Pour la première fois, ils reçoivent la protection militaire des Occidentaux, mais les deux grandes factions kurdes irakiennes (le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK) s'affrontent entre 1994 et 1996. Les deux parties finissent par conclure un accord en 2002, suite à l’intervention des États-Unis, et ce quelques mois avant l'intervention américaine en Irak qui a eu lieu le 20 mars 2003. Les trois provinces kurdes irakiennes (Dohouk, Erbil, Sulleymania) confortent leur autonomie et demandent le rattachement de Kirkouk à la région du Kurdistan autonome. Un référendum devait être organisé sur le sujet avant la fin décembre 2007 pour décider du sort de cette zone, où coexistent à la fois Arabes, Kurdes et Turkmènes. Finalement les forces internationales sont intervenues pour empêcher la réalisation de ce référendum. L’Union européenne a aussi joué un rôle important dans ce dernier épisode.

À partir de 1980, le PKK est aussi devenu une réalité dans cette partie du Kurdistan. Avec le progrès de la lutte de libération du Kurdistan de Turquie menée par cette organisation, les Kurdes Irakiens ressentent de plus en plus son influence. De 1984 à 2000 des milliers de jeunes Kurdes irakiens vont participer aux activités de la guérilla du PKK. C’est pourquoi, plus que par le passé, et pour ces dernières raisons, le PKK campe aujourd’hui sur sa position et poursuit son rôle de catalyseur. Que le PKK soit confirmé comme un parti du Nord du Kurdistan est un sujet qui est, depuis bien longtemps, à l’ordre du jour, d'ailleurs, avec ses innombrables contributions et ses milliers de martyrs, le PKK est, de toute façon, considéré comme le parti du peuple. Malgré l’image que la propagande et les forces "collabo" en donnent à l’extérieur, le PKK est considéré comme une force et, à ce titre, se positionne sur le plan politique, militaire, social, culturel et élabore une stratégie dans plusieurs directions. Sachons que les Kurdes d’Irak n’ont pas permis au PKK d’être représenté officiellement dans la région autonome du Kurdistan Irakien.............(voir le livre)

Depuis la guerre du Golfe, malheureusement les deux grandes forces, PDK et l’UPK ne permettent pas aux autres partis de se montrer sur la seine politique de la région. Avec sa création, le PÇDK est toujours empêché de travailler librement dans les régions où le PDK et l’UPK considèrent comme leurs propriétés et ceci malgré le statut légal du PÇDK reconnu par la constitution irakienne. Dernièrement le PÇDK n’a pas pu franchir les obstacles de ces deux partis dominants afin de participer aux élections régionales du 25 juillet 2009. Ceci montre le manque de la démocratie dans cette région, donc il est nécessaire que le PÇDK fasse des efforts pour pousser la région vers un processus démocratique où la voix de la minorité peut être aussi considérée. Actuellement ceux sont le PDK et l’UPK qui dominent dans toutes domaines, que ce soit politique où économique.

* * *
Les élections du 25 juillet 2009 ont ouvert une nouvelle page dans l’histoire de la région du Sud du Kurdistan. Depuis 1991 les Kurdes de cette région ont une autonomie qui se développe de plus en plus. Mais c’est la première fois que la population de cette région s'est rendue aux urnes et a élu ses représentants.

Selon les chiffres officiels publiés, la participation à ces élections a été de 78%. C'est ainsi que 111 sièges du Parlement Régional ont été pourvus et que le Président de ce Parlement a été élu. Malgré une forte opposition contre le PDK et l’UPK, la majorité des 111 sièges au Parlement a été remportée par la liste commune de ces deux principales forces de la région.

Mesut Barzani a été réélu comme Président de la région Autonome. Mais, les résultats de ces élections ont bel et bien montré que le parti de Calal Talabani, l’UPK, est en train de perdre sa crédibilité dans les villes où il avait toujours été soutenu jusqu'à présent, comme par exemple Sulleymania.

La liste « Goran » (changement) dont le leader est Mustafa Nosirwan* a obtenu 23,75 des voix devenant la troisième force de la région du Sud du Kurdistan. Elle principalement gagné des voix dans les villes où l’UPK a été toujours au pouvoir. La liste de Kurdistanî (Kurdistanienne) a obtenue seulement 57.34 des voix. Avec de tels résultats, en particulier ceux de l’UPK, il lui sera difficile de préserver son influence, comme cela l'est depuis 1991.

Ces résultats aux élections auront pour effet d'accélérer le processus de démocratisation dans cette région. Désormais personne ne peut empêcher la progression d’un système démocratique et moderne dans cette partie du Kurdistan. La dynamique démocratique qui devrait se développer dans cette région influencera les Kurdes des autres régions du Kurdistan, en particulier au nord en Turquie et à l'est en Iran.

Le problème de Kirkouk

Bien que l’Irak ne subisse plus le régime dictatorial de Saddam Hussein, les problèmes de ce pays ne sont pas résolus. Il y a toujours de sérieuses questions qui attendent une solution. La présence des Américains ne donne pas d'espoir à la population, surtout pour en ce qui concerne le développement d’une véritable stabilité démocratique. D’après ce que nous pouvons constater, les intérêts des Américains ne permettent pas une véritable démocratisation des pays du Moyen-Orient. C’est pourquoi les problèmes de la région de Kirkouk ont plus en plus empiré et je pense que le référendum pour Kirkouk ne s'est pas fait à cause de l'intervention des Américains.............(voir le livre)

Le projet en question a été approuvé le 22 juillet 2008 par le Parlement irakien, dans un contexte très tendu. En raison de la dangerosité de ce projet de loi, seulement 140 députés sur les 275 étaient présents lors des votes. De nombreux parlementaires avaient dénoncé des irrégularités dans la procédure. Bien sûr les votes ont été boycottés par 54 députés Kurdes.

À cause de la réaction des Kurdes, le Conseil Présidentiel irakien, composé du chef de l'État, Calal Talabani, et de ses deux adjoints, a décidé d'opposer son veto au texte du projet. Mais, malgré cette attitude de Calal Talabani et de ses adjoints, leur opposition au projet n'a rien donné d’une façon concrète et donc le résultat n’a pas été changé. En clair, le Conseil Présidentiel irakien a accepté l’adoption du projet et renonce à la nécessité d'appliquer l’article 140 de la Constitution irakienne. Bien sûr cette attitude ne peut, en aucun cas, être approuvée par les Kurdes, car c'est une grave atteinte à la Constitution du pays.

J’aimerais attirer l’attention sur la position des États-Unis qui a été bien pesante dans cette affaire. Le rôle négatif des Américains a encouragé les Turkmènes et les Arabes à faire passer cet article 24. La Grande-Bretagne a, également, fait pression sur les Kurdes pour qu'ils acceptent les exigences des Arabes et des Turkmènes. Tout cela afin de contenter la Turquie qui ne veut toujours pas prendre en considération, ni surtout permettre de renforcer le poids du gouvernement régional kurde. Elle ne supporte pas l’existence de Kurdes qui peuvent se diriger eux-mêmes et ce par peur de la contagion dans sa propre région kurde.

À cause de l'attitude provocante des Turcs, même les visites des dirigeants Kurdes à Kirkouk sont boycottées. Par exemple, au début du mois d’août 2008, le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani s’est rendu dans cette ville pour transmettre un message de paix à Kirkouk et il a été, pendant quelques heures, boycotté par les représentants du Front Turkmène irakien. À travers les médias turcs, nous avons vu combien la Turquie est satisfaite de l'organisation des manifestations organisées par ce front des Turkmènes contre les dirigeants kurdes............(voir le livre)

D’après moi, la solution au problème de cette ville aurait dû se faire selon l'article 140 de la Constitution irakienne, puisque cet article prévoit la tenue d'un référendum après que des mesures auront été prises pour annuler les conséquences de l'arabisation forcée menée par Saddam Hussein dans cette région riche en pétrole. La ville fait partie du Kurdistan, mais toutes les composantes de cette ville, les Kurdes, les chrétiens assyriens, les Turkmènes et les Arabes doivent y vivre ensemble.

Les Kurdes en Iran

L'Iran, composé de multiples ethnies, a bénéficié, depuis le début de son histoire contemporaine, d'une décentralisation administrative, avec quatre provinces principales, sur base ethnique et historique, et de nombreuses autres sous-régions habitées par des minorités. La plus grande province, qui couvre le centre-ouest, de l’Iran, est historiquement une région à forte concentration persan et constitue le centre de la civilisation. En Iran, il y a une région habitée par les Kurdes situé au nord-ouest, elle est appelée officiellement Kurdistan. C’est sous ce nom que cette région a été considérée comme une unité politique et administrative depuis des siècles. Les Kurdes de cette partie du Kurdistan ont eu plus de chances que les autres Kurdes. Au cours des siècles, les Kurdes et les Iraniens, ethniquement très proches, ont pu vivre ensemble et se partager des ressources du pays............(voir le livre)

La Fédération de l’Islam Démocratique de l’Iran aurait pu devenir un espoir réel répondant aux aspirations des Kurdes et dépasser le stade du slogan en parvenant à une synthèse qui aurait pris en compte les réalités culturelles, législatives et administratives de l’Iran et qui aurait pu les interpréter avec soin. La confrontation entre ces réalités et les modes d'évaluation aux normes démocratiques constituait un grand pas dans la voie de la solution. De toute façon, la liberté de l’expression culturelle, de l’instruction en langue maternelle et la liberté des médias existent même si son exercice est limité. De la même manière, l’administration provinciale du Kurdistan est une réalité et il est possible d'aller plus avant en popularisant ces concepts et institutions, en leur donnant une essence futuriste, et, pour ce faire, en fondant des organismes compétents pour tout gérer. En ce sens, il serait bon de porter des réglementations adéquates à l’ordre du jour des révisions constitutionnelles et législatives.

Si on compare ces deux pays, la Turquie et l'Iran, c'est de la démocratie que viendra une solution pour la question kurde en Iran. En conséquence, on peut créer une synthèse entre l’Islam et l’interprétation de la démocratie contemporaine occidentale. Dans cette perspective, avec une conviction certaine et dans une démarche assurée et pratique, on peut affirmer que la foi et la morale conjointe de Zarathoustra et d'Abraham, ainsi que le mouvement Kawa, évoquant la libération des Mèdes, apporteront la quintessence dont la civilisation démocratique a besoin. En ce sens, tous peuvent apporter une contribution importante à la synthèse entre la justice, la morale et la liberté.

C'est dans la partie du Kurdistan Iranien qu'a été proclamée, le 22 janvier 1946, à Mahabade, la seule République kurde qui a été fondée à l’avant-garde de Qadî Muhammed* . N'ayant jamais pu exister réellement, cette République a été écrasée à la fin de la même année, le 17 décembre 1946, par le régime de Mohammed Reza Pahlavi.

Rappelons que déjà en 1930, le père de Mohammed Reza Pahlavi, Reza Shah, avait fait assassiner l'un des principaux chefs tribaux kurdes, Ismail Simko. Après l’écrasement de la république de Mahabade, quelques centaines de Kurdes, avec Mustafa Barzani, ont pu passer les frontières d’Azerbaïdjan et se réfugier chez des Soviétiques. Selon les archives des Soviétiques, le 18 mais 1947 un groupe de 499 Kurdes aurait passé la frontière entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. Certains de ces Kurdes y sont restés jusqu’en 1958, les autres y ont organisé définitivement leur vie............(voir le livre)

Depuis 2004, une nouvelle organisation a été créée par les Kurdes dans cette partie du Kurdistan. C’est le PJAK (Parti pour une Vie Libre au Kurdistan, le 4 avril 2004) qui devient une force très importante. Depuis sa création, l’armée du PJAK multiplie les embuscades à partir des montagnes du Sud du Kurdistan. Téhéran accuse Washington et Israël de financer le PJAK pour déstabiliser le régime.

Les Kurdes en Syrie

En Syrie vivent près de deux millions et demi de Kurdes dont la plupart ont de liens parentaux avec les Kurdes du Nord (Turquie). Depuis son indépendance soit à la fin du protectorat français, le régime syrien a adopté une attitude ambivalente vis-à-vis de la question kurde. En 1962, la Syrie a privé plus de 150.000 Kurdes de la nationalité syrienne. Le nombre de ces Kurdes sans pièces d’identité se monte aujourd’hui de 400 à 500 mille personnes. Après avoir mis sur pied, des brigades d'élite constituées de Kurdes et utilisées notamment contre l'opposition islamique, le régime alaouite a tenté de coopter des dignitaires religieux en nommant grand mufti le cheikh kurde Ahmed Kuftaro (de 1964 jusqu'à sa mort, en 2004).

Après le coup d’état du 12 septembre 1980 en Turquie, le leader du PKK, Abdullah Öcalan, s'est réfugié au Kurdistan de Syrie où il a œuvré avec le soutien indirect de Hafiz Essad (Président de la Syrie de l'époque). La présence d’Abdullah Öcalan et des autres militants du PKK a influencé les Kurdes de Syrie qui se sont organisés au niveau politique. D'autre part, la Turquie n’a jamais accepté la présence des Kurdes de la guérilla et leur entraînement en Syrie. Les autorités turques ont souvent demandé à la Syrie qu’elle stoppe son aide aux combattants kurdes. En 1999, les Turcs ont même menacé d'intervenir en Syrie.............(voir le livre)

Depuis 2003, le Parti de l’Union Démocratique (PYD) est devenue l’organisation la plus importante et la plus influente parmi les Kurdes de Syrie. Ce parti, qui est considéré comme illégal par la Syrie, mène diverses activités dans les régions kurdes de Syrie, ainsi qu'à Damas et à Halep, où vivent également des dizaines de milliers de Kurdes. En Europe, il y a également des bureaux et des associations du PYD. La sympathie des Kurdes envers ce Parti augmente de jour en jour. Il est donc évident que nous pouvons considérer le PYD comme étant une organisation représentative des Kurdes en Syrie.

Le livre, dont cet article fait partie, peut être commandé par le mail : farasin@hotmail.com