27/01/2017

La Turquie et sa réforme constitutionnelle

Avec la réforme que AKP veut faire dans la Constitution turque les pouvoirs de Recep Tayip Erdogan se renforcent de plus en plus. Il devient le seul homme qui aura tout pouvoir sur le pays. Bien sûr cette évolution est sévèrement dénoncée par les partis de l’opposition comme CHP (le Parti Républiquain du peuple), HDP (Parti Démocratique du Peuple) et autres. Ainsi une partie de la société civile est contre ce réforme.

Le Parlement turc vient d’approuver en première lecture le projet de Constitution destiné à renforcer les pouvoirs de Recep Tayip Erdogan. Les 18 articles concernés seront débattus une nouvelle fois et après le texte sera soumis à référendum prévu pour le mois d’Avril prochain.

Le AKP n’a pas eu beaucoup de difficulté pour faire adopter le texte au parlement. Car il avait déjà reçu le total soutien du Parti Nationaliste Turc (MHP). Cela veut dire que AKP a déjà garanti aussi le référendum.

Il faut savoir que, avec cette nouvelle Constitution, Recep Tayip Erdogan aurait un ultra-pouvoir. Il aura les moyens constitutionnels pour nommer ou de limoger les ministres. Il exercera ainsi les fonctions du poste de premier ministre. Cela veut dire que désormais il n’y aura plus de premier ministre en Turquie. La séparation des pouvoirs serait complètement abolie et tous les pouvoirs seront concentrés dans les mains d'une seule personne, et ce sous prétexte de créer de la stabilité dans le pays, ce qui n’est encore jamais arrivé dans l'histoire de ce pays. Après l’adoption de cette réforme constitutionnelle les élections législatives et la présidentielle se dérouleront simultanément, probablement au mois d’Avril prochain.

Une dérive autoritaire

La constitution actuelle de la Turquie, votée en 1982, garantit, plus ou moins, l’indépendance de la justice face à l’exécutif. Si cette nouvelle réforme est définitivement adoptée, alors le président pourra facilement intervenir, quand il veut et comme il veut, dans le fonctionnement de la justice.

Les Partis à l’opposition, comme CHP  et HDP dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir de Recep Tayyip Erdogan alors que des purges en série ont suivi, sois disant, la tentative de coup d’Etat du 15 juillet dernier. Ainsi, depuis l’an dernier des centaines de dirigeants, y compris les deux coprésidents et une dizaine de députés du HDP sont arrêtés d’une façon arbitraire. Il se trouvent actuellement dans plusieurs prisons du pays.

Mais, face à la vague des critiques l’AKP justifie cette évolution vers un régime présidentiel par le besoin de renforcer la Turquie soumise à la menace terroriste. Selon moi ce n’est qu’un prétexte. La Turquie ne sera pas renforcée avec cette réforme constitutionnelle, ni contre la menace évoquée, ni contre d’autres menaces. Ceux qui connaissent bien ce pays savent très bien que les intérêts de la Turquie passent par une vraie démocratisation du système étatique.

Ce qui est en train de se faire en Turquie n’est pas une réforme constitutionnelle, mais un suicide. Selon le CHP le peuple turc ne se suicidera pas. Ça on verra quand le référendum est fait.

Un autre point important ; tout ce travail dans le but de réformer la constitution se passe en plein état d'urgence, au cours duquel des médias ont été fermés, des journalistes emprisonnés. Actuellement plus de 400 journalistes se trouvent en prisons.

Ahmet Gulabi DERE  /  26.01.2017 / Strasbourg

29/10/2016

La Turquie devient la plus grande prison pour les Journalistes



Après le 15 Juillet 2016 la Turquie devient, petit à petit, une vraie prison pour les journalistes. Selon mes informations actuellement il y a plus d’une centaine de journalistes emprisonnés dans ce pays.

L'association Reporters Sans Frontière (RSF) classe aujourd'hui la Turquie au 151e rang sur 180 de son classement sur la liberté de la presse.

Si dans un pays il n’y a pas de liberté de la presse on ne peut pas prétendre l’existence de la démocratie. Les autorités turques peuvent faire de bonnes déclarations en disant que dans leur pays le système est tout à fait démocratique. Mais la réalité n’est pas comme ils disent.

Malgré cette réalité de la situation, malheureusement, il n’y a aucune puissance qui se montre volontaire pour empêcher les autorités turques à exercer cette pratique, que je considère contre la démocratie, contre la liberté de la presse et ainsi contre les droits fondamentaux de l’homme.

Comme on le sait bien, la Turquie est membre du Conseil de l’Europe, dont le siège est en France, à Strasbourg. Donc il faut que l’Europe ne laisse pas l'oppression prévaloir et détruire les médias libres d'un pays membre de cette institution qui a créé la Cours Européenne des Droits de l’Homme. La lutte pour empêcher l’oppression contre les journalistes en Turquie n'est pas seulement importante pour l’avenir du média en Turquie, mais aussi pour l'avenir de toute l'Europe.

La Turquie est aujourd'hui la plus grande prison de journalistes au monde, actuellement plus de 130 journalistes emprisonnés et 2.500 qui se retrouvent sans emploi après la fermeture de leur média.

En Turquie, la pression sur les médias était déjà importante avant le 15 Juillet 2016, mais elle est devenue insupportable à l’heure actuelle. Il est très difficile d’exercer leur métiers  pour les journalistes qui sont attachés à leur liberté du métier.

Après le 15 Juillet 2016, sous couvert d’état d’urgence, décrété juste après le 15 Juillet, le gouvernement d’AKP a également ordonné la fermeture définitive de plus de 110 médias. Cette situation réduise gravement le pluralisme déjà très compromis. L’état d’urgence donne à l’Etat le pouvoir de prononcer des sanctions administratives arbitraires dans le but de discréditer et d’empêcher des centaines de journalistes de travailler librement.

Ainsi, l’état d’urgence permet de court-circuiter la justice, pourtant moins indépendante que jamais, et de réduire les droits de la défense. De nombreux journalistes ont été arrêtés, inculpés sans motif sérieux et sans preuve de leur implication dans la tentative de coup d’Etat du 15 Juillet 2016.

Ahmet Gulabi DERE
Journaliste / Ecrivain
(Rédacteur en chef de la revue mensuel Avantaj Post)
29 octobre 2016

15/11/2015

Horribles Attentats à Paris



Par cet article, avant tout j’exprime toute ma tristesse et colère contre les horribles attentats à Paris. Ces attentats ont été faits non seulement contre le Peuple Français, mais aussi contre toute l'humanité. Donc je présente mes sincères condoléances devant tout le Peuple Français et surtout devant les familles et proches des victimes.

Dans ce climat de terreur, il est important, pour tous ceux qui se sentent humaines, de prendre une position ferme contre le terrorisme et donc ne pas rester silencieux. Il est temps de rester unis, sans faire la différence entre les peuples et l’appartenance à une religion, face à une horreur qui n’a ni couleur, ni religion.

Il n’est pas possible que l’être humaine ne soit pas profondément indigné par ces horribles et graves attentats qui endeuillent la France. C'est une terrible épreuve que passent la France et aussi tout le continent européen.

Il est temps, en ces moments de grande douleur, pour moi et aussi pour mon peuple (Le Peuple Kurde) d’exprimer ses sentiments de profonde compassion et de solidarité avec la France et les familles des victimes.

Les Kurdes Partagent les Souffrances du Peuple Français

Le Peuple Kurde, dont je fais partie, condamne très fermement ces actes barbares, qui s'attaquent au-delà de la France et du peuple Français, à notre humanité commune.  Mon peuple, avec toutes ses organisations et ses intellectuels, est aux côtés du Peuple Français contre les barbares du DAES. Les Kurdes comprennent biens les souffrances du Peuple Français et surtout celles des familles des victimes.

Les Kurdes sont aussi victimes de la barbarie du DAES. Depuis deux ans ils luttent contre les terroristes de cette organisation. En ce moment même au Kurdistan de Syrie et au Kurdistan d’Irak des milliers de Peshmergas et des Guérilleros Kurdes affrontent ces terroristes. Nous venons de savoir, il y’a quelques jours, la ville de Sinjar, qui a été sous les mains des terroristes du DAES depuis le mois d’Août 2014, a été libérée. Donc je salue cette victoire des Peshmergas et des Guérilleros Kurdes.
 
Il y’a des moments où il faut réagir vite et vive. Dans ce temps il faut, surtout pour ceux qui vivent en France, défendre les valeurs de la République Française qui sont La Liberté, La Fraternité et L’Egalité. Sans défendre ces valeurs nous ne pouvons pas vivre ici dans la paix. Sans ces valeurs nous ne pouvons pas penser à un avenir pour nos enfants dans ce pays. Donc, lutter contre le terrorisme qui vise la France est une devoir pour nous tous.

Ahmet Gulabi DERE  / 15.11.2015